Tremblez ô âmes sensibles!
Il a fallu qu’une petite secousse s’abatte sur les villes du littoral pour que la rumeur sur le tsunami reparte de plus belle. En un clin d’oeil, tout Rabat et Casa était sur le qui-vive. Les réseaux de télécoms étaient saturés. La petite secousse s’est transformée en “un tremblement de terre”. “Vous avez senti le séisme? Il paraît qu’on n’est pas à l’abri d’un débordement de la mer”, s’inquiète un jeune dans un café r’batie. Les serveuses, perplexes, demandaient “al Moussamaha” (pardon) à tous leurs collègues. Je sors du café. Je hèle un taxi. “Montes à Zilzal”, me dit le chauffeur. Et Vroummm…La passagère qui était à côté de moi ne semblait pas apprécier l’humour “déplacé” du chauffeur. Mais elle ne pouvait pas l’afficher. Chaque fois qu’il débitait son “Zilzal”, elle se raidissait et répondait avec un sourire de crocodile “Allah yahfad à Khouya” (puisse Dieu nous en préserver).
Dans la gare Rabat-Agdal, les visages étaient lugubres. Une jeune fille BCBG racontait à sa copine qu’elle a du annuler une réunion de travail à cause du tremblement. Je suivais cette conversation “décapante” quand un membre de ma famille m’appelle en urgence pour m’intimer l’ordre “de sortir dans la rue, car dans les maisons personne n’est à l’abri!!!”. Quoi? même ma famille s’y met!!!!
Pourtant, à part les habitants des étages supérieurs, personne n’a vraiment senti cette secousse. Tout le monde était hanté par une inquiétude existentielle, des projets non-achevés, un parent dont on n’a pas de nouvelles…Tout le monde murmurait des prières en silence….