Khouribga : Il cachait la cocaïne dans sa bague ou dans l’air bag

Maroc Casablanca

Khouribga : Il cachait la cocaïne dans sa bague ou dans l’air bag

IL est trafiquant de drogues ; il sait qu’à tout moment, il peut être interpellé par la police. Mais il avait sa façon d’écarter toute preuve contre lui : il cachait la drogue dans sa bague ou...

Impressionnante manière de camoufler des drogues dures comme la cocaïne. Mais avant de la dévoiler, suivons l’enchaînement des événements qui ont conduit à démanteler un réseau de trafiquants de drogues à Khouribga, où une grande partie des jeunes de la ville sont des adeptes de l’émigration clandestine, notamment vers l’Italie.

Mohamed, 23 ans, natif de Fkih Ben Saleh en fait partie. En 1998, il a réussi à atterrir clandestinement sur le territoire italien. Il y restera pendant 7 ans en situation irrégulière.

Durant son séjour, il est devenu consommateur puis dépendant de la cocaïne. Tout ce qu’il amassait comme argent, il le dépensait dans l’achat et la consommation de cette drogue.

En 2005, les autorités italiennes le refoulent vers son pays d’origine. Il perd certes sa chance d’être régularisé dans le pays d’accueil mais ne se détache pas pour autant de sa dépendance vis-à-vis de la cocaïne.

Les choses se compliquent pour lui. Le coût de la cocaïne est supérieur à celui de toute autre drogue. Non seulement il manque d’argent, mais encore faut-il qu’il trouve un fournisseur. Au début du mois de janvier dernier, il apprend que des trafiquants de ce genre de drogues existent dans la ville. Il remue ciel et terre avant d’entrer en contact avec Mourad, un joueur amateur de football originaire de Khouribga, dans un café de la ville.

Ce dernier lui fournit, à sa demande, deux gélules compressées de cocaïne contre 1000 DH, soit 500 DH chacune. Mais Mohamed qui n’avait que 500 DH sur lui, lui offre, comme garantie du reste du montant, sa montre et sa carte d’identité.

Quelques jours plus tard, il convient d’un rendez-vous avec son fournisseur pour lui remettre les 500 DH restants. Ne pouvant se procurer l’argent qu’il lui faut, Mohamed rumine un plan : le matin même, il se lève tôt, cherche une carte de séjour falsifiée et son passeport puis sort de la maison en prenant la destination de Kissariat « Mouzrii ».

Une fois arrivé, il s’adresse au premier marchand de tissus qu’il rencontre. Il tente de le convaincre qu’il est en mesure de le faire émigrer en Italie en contrepartie de 60.000 DH, à condition de lui verser la moitié sur place, comme premier acompte. Au cours de ses négociations avec le marchand de tissus, un inspecteur de police était de passage et ne manque rien de la conversation. Alerté par ce qu’il venait d’entendre, il n’hésite pas à interpeller Mohamed.

La police judiciaire de la ville se saisit de l’affaire. Il s’agira désormais pour elle de démasquer tous les dealers en relation avec Mohamed.

Le premier à être tombé dans les filets de la police, suite à une embuscade, est Mourad qui attendait Mohamed au café, comme convenu.

Place Nahda à Khouribga. C’est là où Mourad, accompagné de Mohamed, tous deux sous surveillance, a convenu d’un autre rendez-vous avec son propre fournisseur. L’embuscade est minutieusement tendue.

Mourad et Mohamed sont isolés de l’autre coin de la rue. Puis, une voiture de marque Mercedes 220 immatriculée en Italie se gare près d’eux. Au volant, Khalid, descend et s’approche de celui qu’il connaît bien, Mourad. Il sort deux gélules de cocaïne et les lui remet.

A ce moment-là, toutes les preuves d’un flagrant délit étaient réunies. Les officiers de police se ruent sur lui et l’arrêtent.

En procédant à une fouille corporelle, la police a saisi la bague de Khalid : c’est bizarroïde, mais elle contenait des gélules de cocaïne. Il avait l’habitude de dissimuler cette drogue là où personne n’y aurait pensé.

Dans sa demeure, une perquisition allait se solder par la découverte de trois plaques d’immatriculation de deux voitures et d’un camion. Il s’en servait probablement pour détourner l’attention de la police des frontières de son trafic de drogues à l’international.

D’après ses aveux, il camouflait la cocaïne dans l’air bag ou dans le ventilateur de sa voiture. Qui s’en apercevra ?!

©Marouane Kabbaj | Le reporter

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