Six morts dans des raids aériens de l'armée israélienne
L'armée israélienne a poursuivi dimanche des raids aériens qui ont fait six morts dans la bande de Gaza, au lendemain d'une opération audacieuse du Hamas qui a tenté de forcer un poste-frontière en y faisant exploser des voitures piégées.
Un militant du mouvement islamiste a été tué et cinq ont été blessés dimanche matin dans un raid aérien israélien à l'est de la ville de Gaza, alors que dans la nuit, un membre des Brigades Ezzedine Al-Qassam, branche armée du Hamas, était tué un tir de missiles air-sol, dans le secteur de Beit Lahiya (nord de la bande de Gaza), selon des sources médicales palestiniennes.
Plus tôt dans la soirée de samedi, marquée par le début de la Pâque juive, quatre combattants du Hamas avaient été tués lors d'un raid aérien près de Jabaliya (nord). L'opération visait un "groupe d'hommes armés qui s'apprêtait à tirer des roquettes en direction d'Israël", selon une porte-parole militaire israélienne.
Ces attaques surviennent après la série d'assauts menés samedi contre un point de passage à la frontière avec Israël par où transitent l'aide humanitaire et l'approvisionnement du territoire palestinien, et revendiquées par les Brigades Ezzedine al-Qassam.
Des kamikazes du Hamas ont fait exploser deux jeeps près du poste de Kerem Shalom entre Israël et l'extrême sud de la bande de Gaza, selon l'armée israélienne. Trois activistes palestiniens ont été tués dans l'explosion et les échanges de tirs qui ont suivi et 13 soldats israéliens blessés, selon l'armée.
Au même moment, un véhicule blindé était touché par un blindé israélien près de la frontière de Gaza en direction du Kibboutz (village collectiviste israélien) voisin de Nirim.
"C'est l'opération la plus ambitieuse lancée contre nos troupes depuis le retrait israélien" de la bande de Gaza en septembre 2005, a déclaré à la presse le commandant de la région sud d'Israël, le général Yoav Galand.
Le 8 avril, le Hamas avait menacé de prendre d'assaut les points de passage de la bande de Gaza si Israël ne levait pas le blocus de ce territoire imposé en janvier dans le cadre de sa riposte aux tirs de roquettes palestiniennes sur le sud israélien. Le lendemain, des activistes attaquaient le passage Nahal Oz.
"Les terroristes planifient des attaques à une plus grande échelle", a indiqué l'armée israélienne.
Le Hamas a déclaré que l'opération de samedi était un avertissement et a dit avoir d'autres "surprises" pour briser le blocus.
"Si les parties n'interviennent pas immédiatement pour sauver Gaza, qui est en train de mourir du siège, le Hamas oeuvrera à mettre fin au siège par tous les moyens", a dit un porte-parole du mouvement Sami Abou Zouhri dans un communiqué.
Dimanche, des militants de Gaza ont tiré au moins une roquette contre un Kibboutz du sud d'Israel, sans faire ni victime ni dégâts, selon l'armée.
Par ailleurs, dimanche, deux adolescents palestiniens sont morts des blessures reçues quatre jours auparavant. Ahmed Najar, 17 ans, and Bilal Deheini, 16 ans, avaient été touchés par des tirs israéliens, a indiqué une source médicale.
Au moins 427 personnes ont été tuées dans les violences depuis la relance des pourparlers israélo-palestiniens à la conférence de paix d'Annapolis fin novembre aux Etats-Unis.
Au Liban, plusieurs centaines de réfugiés palestiniens ont manifesté dimanche à Saïda (sud) pour réclamer la levée du blocus de la bande de Gaza.
Le "ministre des Affaires étrangères" du gouvernement du Hamas, Mahmoud Zahar, s'est adressé par téléphone aux manifestants pour leur dire que "le siège serait brisé très bientôt".
AFP 2008