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Prestation télévisée de Sarkozy: la gauche dresse "un constat d'échec"

Les dirigeants de gauche se sont livrés vendredi à une critique en règle de la prestation télévisée de Nicolas Sarkozy la veille - "un constat d'échec" - et ont trouvé, avec le renfort de François Bayrou, un nouveau cheval de bataille: la réforme du Revenu de solidarité active (RSA).
Bertrand Delanoë, et plus encore Ségolène Royal, les leaders de gauche les plus populaires, n'ont trouvé aucune circonstance atténuante au chef de l'Etat, ne lui concédant même pas un changement de style plus sobre et modeste. Le premier secrétaire François Hollande a réservé son commentaire au 20H00 de TF1.
L'ex-candidate à l'Elysée a qualifié de "truc de communication" l'aveu présidentiel répété des "erreurs" commises après bientôt douze mois de mandat. "En clair, ça veut dire: +Je me suis trompé+", a-t-elle dit.
Elle en a profité pour rappeler ses prétentions à l'élection présidentielle. "Pour cette échéance-là, ce n'est un secret pour personne que je me prépare, bien évidemment", a-t-elle déclaré sur France Inter.
L'un de ses proches, l'eurodéputé Vincent Peillon, a trouvé M. Sarkozy "sur la défensive", le porte-parole du PS Julien Dray l'a jugé "tendu". Le maire de Paris a parlé de propos "souvent confus et imprécis", le président cherchant "péniblement à expliquer sa propre impuissance". Pour Pierre Moscovici, il était "plus serein qu'à l'ordinaire" mais "il a parlé pour ne rien dire".
Virulente, Ségolène Royal a multiplié les jugements tranchés: "aberrations", "improvisations", "contre-vérités" et même "malhonnêteté". Elle a estimé que Nicolas Sarkozy avait donné au Premier ministre François Fillon, non une feuille de route comme celui-ci l'avait évoquée, mais une "feuille de déroute".
Selon la présidente du Poitou-Charentes, "on est plus inquiets après l'émission qu'avant" car M. Sarkozy "n'a pas répondu sur les préoccupations des Français", notamment le pouvoir d'achat.
Il "a dressé un constat d'échec de sa première année passée à l'Elysée et enterré le volontarisme politique", a résumé le PS dans un communiqué. Le président "persiste et signe, droit dans ses bottes", a déclaré Jean-Paul Huchon, président de la région Ile-de-France.
La numéro un communiste Marie-George Buffet n'a pas ménagé ses critiques. Devant le "bilan calamiteux" de Nicolas Sarkozy, qui veut "continuer encore plus fort", il faut "se mobiliser" et "tout faire pour que les quatre prochaines années ne ressemblent pas à celle qui vient de s'écouler".
Plusieurs responsables de l'opposition ont dénoncé en particulier le projet annoncé par Nicolas Sarkozy d'affecter une partie des crédits de la Prime pour l'emploi (PPE) au Revenu de solidarité active.
Se refusant à porter une appréciation d'ensemble sur la prestation présidentielle, le président du MoDem a jugé cette idée "insoutenable". "C'est donc aux salariés les plus modestes, aux travailleurs pauvres, qu'on demande de financer ce geste de solidarité!" avec les sans-emploi, a dit M. Bayrou.
Au PS, Jean-Marc Ayrault, président du groupe à l'Assemblée nationale, l'ex-ministre Marylise Lebranchu et le bras droit de François Hollande, Stéphane Le Foll, ont fustigé cette proposition, qui revient, selon Mme Lebranchu, à instaurer "durablement la solidarité entre les plus pauvres".

AFP 2008

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