Meurtre de Madison: perpétuité requise contre le meurtrier présumé
L'avocat général a requis vendredi la réclusion criminelle à perpétuité assortie d'une peine de sûreté de 20 ans contre Julien Carrillo qui a avoué le meurtre de Madison, une fillette de 5 ans enlevée en 2006 dans le village provençal d'Eyguières.
"La peine que je vous réclame est la réclusion criminelle à perpétuité. Il ne peut pas y avoir de circonstances atténuantes pour Julien Carrillo", a déclaré devant la cour d'assises des Bouches-du-Rhône l'avocat général, Joachim Fernandez.
"Il y a chez lui (Julien Carrillo, ndlr) un côté froid, monstrueux qui ne mérite aucune compassion", a-t-il ajouté, évoquant un meurtre commis "froidement et mécaniquement".
M. Fernandez a également requis une peine de sûreté de 20 ans afin que "d'autres enfants et êtres vivants soient mis à l'abri".
Julien Carrillo, ouvrier métallurgiste de 26 ans, a avoué avoir enlevé puis tué Madison, début mai 2006. La disparition de la fillette du domicile de sa mère avait provoqué une onde de choc à Eyguières et des centaines d'habitants et de bénévoles avaient arpenté la campagne alentours pour tenter de retrouver l'enfant vivante.
Pour l'avocat général, l'accusé a enlevé la fillette "dans un acte manqué" par rapport à la mère de cette dernière, Jessica Brusco, qu'il avait vainement tenté de séduire.
"Il prend la fille pour emporter de manière symbolique la mère", affirme M. Fernandez. "Pour moi, il y a quelque chose de symbolique qui tient au fétichisme", poursuit-il, regrettant que Julien Carrillo se soit contenté de +je sais pas+ et de +ouais+ tout au long du procès, sans expliquer les motivations de ses actes.
Ensuite, lorsque l'enfant que Julien a amenée chez lui, se réveille et réclame sa mère, l'accusé "opère un choix". Il l'étouffe avec un coussin, il la "tue mécaniquement, froidement" dans un acte "inexcusable".
L'avocat général tout comme les conseils représentant les parents de la fillette ont comparé l'accusé à un "prédateur" qui n'hésite pas "à se débarrasser de sa proie".
Me Jérôme Veyrat-Girard, avocat de la mère de Madison, de la soeur et du frère de la fillette ainsi que de sa grand-mère, estime que la "seule réponse" éclairant la personnalité de Julien Carrillo se trouve dans son amour des serpents. "Il est discret le serpent et un jour, il frappe", remarque-t-il.
La mort de Madison a meurtri "ses proches à vie". C'est "un cancer de l'âme", une maladie "évolutive" de plus en plus lourde à porter, lui a confié la mère de la fillette qui a fait preuve d'une dignité et d'une force remarquées durant le procès.
"Après trois jours d'audience, Jessica et sa maman estiment que le procès leur a permis de comprendre pourquoi" l'accusé a commis ce geste bien qu'il n'ait à aucune reprise fourni d'explication, a ajouté Me Veyrat-Girard.
Pour le père de Madison, Stéphane Castel, séparé de Mme Brusco avant le drame, "deux ans d'instruction et quatre jours d'audience" n'auront au contraire pas suffi à "lever les zones d'ombre", a regretté son avocate Me Beatrice Zavarro.
Le verdict est attendu dans l'après-midi.
AFP 2008