Rencontre des régions à Tanger: volonté commune pour faire de la région un acteur principal du développement
Les représentants des instances élues régionales d'une soixantaine de pays, réunis du 12 au 14 mai à Tanger, ont été unanimes à partager la volonté de faire des régions un acteur principal du développement et exprimé la nécessité d'orienter l'aide internationale au développement vers des coopérations décentralisées impliquant directement les acteurs locaux.
La déclaration finale de la rencontre de Tanger, baptisée "2è convention internationale pour une approche territoriale du développement", a particulièrement insisté sur la capacité des régions réunies autour de cette initiative à formuler, auprès des différents interlocuteurs, "des propositions concrètes pour des politiques de cohésion territoriale à l'échelle mondiale".
Les participants au grand mess des régions à Tanger ont constaté avec satisfaction une importante avancée et une remarquable mobilisation autour de la Convention Internationale, lancée à Marseille en mars 2007.
L'initiative qui vise à instaurer une nouvelle approche du développement territorial fondée sur une gouvernance locale aux compétences et prérogatives élargies, rappelle-t-on, a été lancée par la Conférence des Régions Périphériques Maritimes (CRPM) en partenariat avec le Programme des Nations Unies pour le Développement (PNUD).
Les travaux de la seconde convention à Tanger qui a réuni 1.200 participants représentant près de 500 régions des quatre coins du monde ont permis de "prendre acte du chemin parcourus depuis lors, ce qui augure d'une étape nouvelle et plus ambitieuse de la Convention".
Grâce à cette initiative audacieuse et à la nouvelle approche du programme d'aide au développement du PNUD "ART-Gold", la déclaration finale de Tanger constate que "les coopérations entre régions, avec l'appui des Etats et des organisation internationales, ont gagné en synergie afin de lutter contre l'inutile dispersion des projets individuels".
En effet, plusieurs représentants de régions africaines ont fait part, lors de la rencontre de Tanger, de la multitude de projets de coopération décentralisée avec des régions européennes qui ne donnent pas lieu à des résultats concrets et satisfaisants.
Ils ont ainsi insisté sur une meilleure organisation de la coopération internationale, affirmant que la nouvelle approche apportée par le programme ART-Gold est de nature à optimiser l'aide au développement vers des objectifs précis et répondant aux attentes des populations africaines.
Devant les disparités territoriales générées par une économie globalisée et le risque de voir s'aggraver la fracture Nord-Sud, la Convention s'assigne pour principal objectif d'initier et appuyer des politiques de "cohésion territoriale" en vue de donner à tous les territoires des chances équitables de tirer le meilleur parti possible des opportunités offertes par la mondialisation.
Après avoir cité le cas de la Région Tanger-Tétouan comme exemple de cette coopération décentralisée Nord-Sud, la déclaration finale de la rencontre de Tanger indique que "la Commission européenne et la Commission de l'Union Economique et Monétaire Ouest Africaine ont annoncé leur intention de travailler de concert à la promotion du rôle des régions dans les stratégies de développement économique de l'Afrique de l'Ouest". Dans ce projet s'impliquent également le PNUD et le forum mondial des régions "FOGAR", organisme créé lors de la rencontre de Marseille.
La déclaration de Tanger fait également état du large consensus international sur l'importance de la dimension territoriale du développement.
Elle indique à cet égard que "cette dimension territoriale du développement est également partagée par de grands Etats tels la Russie, la Chine, l'Inde ou le Brésil qui ont engagé des coopérations avec la Commission européenne sur la base de l'expérience politique régionale conduite en Europe depuis 20 ans".
La Convention compte également s'impliquer dans les sujets de grande actualité et faire entendre la voie des régions sur des questions qui préoccupent la communauté internationale. La déclaration de Tanger annonce, à ce sujet, que "les régions du monde se retrouveront à Saint-Malo (France), les 29 et 30 octobre prochain, en vue de contribuer, à leur échelon, à la lutte contre le changement climatique". Un partenariat avec les agences des Nations Unies est envisagé à cet effet dans le cadre d'un programme spécifique, précise-t-on dans le document.
Sur l'agenda de la Convention, figure également une rencontre mondiale sur le thème de l'alimentation qui sera organisée en 2009 par la conférence des Régions Périphériques Maritimes (CRPM) et le FOGAR.
D'autre part, les organisateurs invitent, dans la déclaration finale de Tanger, les participants à tenir la "3-eme Convention Internationale pour une approche territoriale du développement", en 2010, dans l'un des trois continents qui n'ont pas encore abrité cette manifestation.
A la séance de clôture de cette rencontre, le représentant de la république d'Equateur a présenté la candidature de son pays à abriter la 3-eme édition du grand mess des régions du monde.
Durant trois jours, la manifestation a connu d'intenses travaux en ateliers sur des questions ayant trait au développement territorial, la bonne gouvernance locale, le renforcement des compétences des acteurs locaux, le financement des projets de développement, la coopération décentralisée, l'organisation des régions en réseaux internationaux et régionaux, la coopération scientifique et le transfert du savoir.
A l'occasion de cette manifestation, les représentants des régions participantes ont tenu des rencontres bilatérales pour l'échange d'expériences sur la gouvernance locale et établir des contacts dans la perspective de coopérations ciblées.
MAP



